Les enfants exposés à la violence conjugale

Le thème de la violence conjugale est abordé sous l'angle de la violence exercée par les hommes envers les femmes, celles-ci étant les victimes dans la majorité des cas

Des mauvais traitements

L’exposition à la violence conjugale constitue en soi une forme de mauvais traitement psychologique étant donné les importantes répercussions que cela entraîne sur le bien-être des enfants qui en sont victimes (Réf.).Toutefois, les enfants exposés à la violence conjugale sont également plus à risque de devenir des victimes directes de mauvais traitements psychologiques, physiques ou sexuels (Réf.).

  • Goddard et Bedi (2010) situent entre 40% et 55% la concomitance d’exposition à la violence conjugale et de mauvais traitement envers les enfants (Réf.). Dans les cas où la violence conjugale est très sévère, la proportion d’enfants victimes de mauvais traitements peut atteindre 91% (Réf.).
  • Les mauvais traitements les plus fréquemment observés sont la négligence, les mauvais traitements psychologiques et l’abus physique (Réf.).
  • Appel et Holden (1998) ont aussi trouvé des pourcentages de concomitance d’exposition à la violence conjugale et de violence physique allant de 20% à 100% (pourcentage médian de 40%) (Réf.).
  • Dans le cas de violence physique directement dirigée vers l’enfant, les actes les plus fréquemment rapportés par les enfants sont :

    • avoir été frappé (32,9%);
    • avoir reçu des menaces de blessures (26%);
    • avoir été battu (8,2%);
    • avoir été attaqué ou poignardé avec un couteau (1,4%);
    • avoir été fusillé ou menacé d’être fusillé (1,4%)(Réf.).
  • La présence de violence conjugale augmente aussi le risque que l’enfant soit victime d’abus sexuel. L’inceste est en effet présent dans environ 10% des familles où la présence de violence conjugale a été identifiée.

    • Dans les familles où il y a de la violence conjugale, il se peut que l’abus sexuel de l’enfant soit une manière d’intimider ou de blesser la victime de violence conjugale (Réf.).
  • La concomitance de l’exposition à la violence conjugale et de mauvais traitements envers l’enfant amplifie l’intensité des conséquences au-delà de celle de l’exposition seule. Les enfants vivant cette double problématique sont donc significativement plus affectés que les enfants uniquement exposés à la violence conjugale (Réf.).

  • La polyvictimisation des enfants (c'est-à-dire lorsque les enfants sont victimes de plusieurs formes de mauvais traitements) est liée à des problèmes plus sévères chez ces derniers, particulièrement lorsqu’ils sont victimes de quatre formes ou plus de mauvais traitements (Réf.). Il a été démontré que ces enfants éprouvaient davantage de conséquences de nature émotionnelle, psychosociale et physique (Réf.).

  • Les mauvais traitements subis peuvent même entraîner la mort de l’enfant. L’abus physique d’un enfant est en fait l’une des causes les plus importantes des filicides (Réf.).

  • Le plus souvent, l’agresseur de l’enfant est son père, mais les mères victimes de violence conjugale peuvent aussi faire subir de la violence psychologique ou physique à leurs enfants. En effet, les femmes victimes de violence conjugale sont plus susceptibles de se montrer agressives envers leurs enfants en raison du stress, de la dépression et de l’anxiété qu’elles peuvent éprouver en réaction à la violence dont elles sont victimes (Réf.).

  • Les parents des enfants vivant de multiples victimisations éprouvent souvent des problèmes de consommation, d’agressivité, d’impulsivité, de santé mentale ou physique et des difficultés financières (Réf.).

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