Les enfants exposés à la violence conjugale

Le thème de la violence conjugale est abordé sous l'angle de la violence exercée par les hommes envers les femmes, celles-ci étant les victimes dans la majorité des cas

Définition

[Références]

Enfant « exposé », « témoin » ou « victime »?

Le terme exposition à la violence conjugale fait référence aux enfants témoins, directement ou indirectement, de scènes de violence ainsi qu’aux enfants vivant dans un milieu de vie imprégné de cette violence (Réf.).

  • Cette exposition peut se faire de différentes manières :
    • Lors de la période prénatale, le fœtus peut être affecté par la violence physique (par exemple si la mère reçoit un coup dans le ventre) ou par l’état psychologique de la mère violentée;
    • Les enfants peuvent intervenir pour protéger la victime. Ces enfants tentent verbalement ou physiquement d’arrêter la violence, ils peuvent par exemple s’interposer entre leurs parents;
    • Les enfants peuvent être directement victimes, c’est-à-dire être agressés verbalement ou physiquement lors d’un épisode de violence conjugale. La violence dirigée vers l’enfant peut être accidentelle ou volontaire;
    • L’enfant peut aussi participer à la violence conjugale. Celui-ci peut être utilisé dans les stratagèmes de violence du parent ayant des comportements violents et être forcé d’exercer de la violence à l’endroit de la victime;
    • Les enfants peuvent être des témoins oculaires des actes de violence commis par le conjoint ayant des comportements violents;
    • Les enfants peuvent entendre les scènes de violence alors qu’ils se trouvent dans une autre pièce. Ils peuvent par exemple entendre des cris ou des éclats de voix;
    • Les jeunes peuvent observer les effets immédiats de la violence. Ils peuvent par exemple voir les blessures de la victime, être témoins de la visite des policiers ou encore voir des objets ayant été brisés lors de l’épisode de violence;
    • Les enfants peuvent aussi entendre parler de la présence de violence conjugale au sein de leur famille. Ils peuvent surprendre une conversation à ce propos ou encore en être directement informé par leur mère, un proche, un voisin ou toute autre personne étant au courant de la situation;
    • Même lorsque les épisodes de violence se déroulent à l’extérieur de la maison ou lorsque les enfants sont absents, ces derniers demeurent exposés à la violence conjugale, notamment en raison du climat de tension et de peur régnant au domicile familial; 
    • La vie de ces jeunes peut également être modifiée par la présence de violence conjugale au sein de leur famille. Il peut entre autres se produire des changements dans les habiletés parentales de leur père ou de leur mère, ce qui peut affecter la qualité des soins reçus par ces jeunes. Sous l’influence de l’un de leurs parents, les enfants peuvent aussi en venir à rejeter l’autre parent, ce qui est appelé l’aliénation parentale. Ces enfants peuvent aussi être affectés par un possible emprisonnement de leur père ou encore par un déménagement à la suite d’une séparation de leurs parents (Réf.).

Enfant « exposé », « témoin » ou « victime »?

  • Le terme enfant « exposé » est utilisé plutôt que le terme « témoin » car il englobe différentes réalités, dont le fait de voir ou d’entendre les scènes de violence et aussi le fait de vivre dans le climat de tension et de peur provoqué par la présence de violence (Réf.).
  • Le terme « exposé » implique également que l’enfant vit le phénomène de l’intérieur tandis que le terme « témoin » fait plutôt référence à une position extérieure et neutre. Les jeunes ne sont pas des témoins externes de la violence, la dynamique de violence conjugale affectant tous les membres de la famille, y compris les enfants (Réf.).   
  • Le terme enfant « exposé » est utilisé plutôt que le terme « victime » car l’exposition à la violence conjugale ne signifie pas que l’enfant subit directement des mauvais traitements (par exemple : abus physique ou sexuel, négligence, menaces) (Réf.).
  • Il s’agit plutôt d’une forme de mauvais traitement psychologique indirect où l’enfant est affecté par la présence de violence sans nécessairement en être la cible (Réf.).

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